Vous êtes dans la catégorie Études

Trier par catégorie :

La hmonp !

Derrière cet acronyme barbare, la possibilité de signer des plans en nom propre... Comment ça se passe au fait, une "habilitation à la maîtrise d'œuvre en nom propre"?

Au commencement, il y a le lycéen, qui a comme idée de faire architecture. Pourquoi ? Parfois parce qu'il a beaucoup joué aux Sims, parfois parceque son père est architecte ou maçon, parfois -dans mon cas par exemple- parceque c'est soit ça, soit prépa maths. Ensuite, il cherche à entrer dans une école. Comment la sélection s'effectue ? Chaque école a sa méthode : certains sont plutôt "littéraires géniaux" où il faut avoir plus de 16 au bac de français à Lyon, d'autres sont plutôt "égalité des chances" et louent le palais des sports à Grenoble pour que tous les prétendants puissent passer le concours d'entrée, d'autres encore se disent "tout le monde veut venir chez nous alors organisons nos concours le même jours pour limiter les candidats" à Paris et région parisienne.

Une fois sélectionné par un heureux concours de circonstances plutôt opaque et avec peu de logique apparente, le jeune étudiant architecte découvre ce qu'il doit effectuer pour valider ses années : dessiner en acceptant de ne pas comprendre le système de notation. Au diable la logique, vive les notations subjectives ! Mais après tout, lorsque l'architecte présente un projet, le choix ne se fait pas souvent sur des arguments objectifs.
Une fois qu'il a, une à une, validé ces cinq longues années, il obtient son "dea", diplôme d'état d'architecte. Sauf qu'il ne lui permet d'être architecte que de nom : impossible d'en faire son activité. Une chose est alors permise : postuler à la hmonp. Commence une longue recherche d'une agence acceptant de faire travailler un architecte, en sachant qu'il ira suivre des formations un cinquième du temps. Si ces formations sont obligatoires et font l'objet d'épreuves à valider pour avoir le diplôme visé, l'agence qui l'a recruté considère -bien évidemment- que c'est des vacances, et que le travail de cinq jours doit donc être effectué en quatre.
Une fois que cet individu arrive au terme de ce contrat souvent peu avantageux, il doit écrire un mémoire. Ce mémoire ne doit absolument pas être un résumé de son expérience en agence, mais doit être basé sur une problématique exprimant la maturité qu'il a pu acquérir "au regard de l'expérience qu'il a effectué".
Une fois ce casse tête français résolu, non sans peine, arrive le coup de marteau final : la soutenance. La soutenance, ce n'est surtout pas la présentation du mémoire, mais le jury va l'interroger dessus. Ce n'est surtout pas un rapport de stage, mais le jury va juger de cette expérience. La soutenance, c'est cinq personnes qui jugent cet individu sur sa capacité à être architecte au quotidien en se basant sur une prestation en vingt minutes.

Au final, l'impression d'avoir passé toutes ces épreuves offre peut être ce qui est le plus important pour un architecte : savoir tenir un projet sur la longueur, en surmontant les moments de découragement. Et c'est peut être ça, le bijoux de ces études !

Dans la catégorie

Études

Pages :

1